PPE 2026 : les CEE confirmés, un cap plus lisible pour l’efficacité énergétique
La publication de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) était attendue. Dans un contexte énergétique sous tension importations massives d’énergies fossiles, volatilité des prix, impératifs climatiques elle devait tracer un cap clair.
Bonne nouvelle : les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sont confortés et appelés à être pérennisés. Moins bonne nouvelle : la maîtrise de la demande en énergie reste encore trop discrète dans le débat public.
Chez Objectif 54, nous accompagnons au quotidien entreprises, collectivités et acteurs agricoles dans leurs projets d’efficacité énergétique. Autant dire que la place donnée aux économies d’énergie dans la PPE n’est pas un détail technique : c’est un signal structurant pour toute la filière.
Les CEE : un outil confirmé et stratégique
Le communiqué du GPCEE publié le 17 février 2026 rappelle un point essentiel : les CEE sont un outil central pour l’efficacité énergétique et la décarbonation du pays .
Quelques chiffres qui méritent d’être rappelés :
- En 2024, les CEE ont contribué à libérer 13 % de la balance commerciale énergétique.
- Ils représentent près de la moitié des réductions d’émissions de CO₂ dans les secteurs éligibles.
- Avec les prix actuels de l’énergie, le dispositif génère environ 7 milliards d’euros d’économies par an.
Ce ne sont pas des ajustements marginaux. Ce sont des impacts macroéconomiques.
Autrement dit : les CEE ne sont pas une ligne budgétaire annexe, mais un levier structurant de politique énergétique.
La PPE apporte ainsi un horizon plus lisible, notamment avec des premières perspectives concernant la future P7 . Cette visibilité est essentielle pour sécuriser les investissements, structurer les filières et maintenir la dynamique des projets.
Production vs consommation : un débat déséquilibré ?
Le GPCEE souligne cependant un point plus préoccupant : la PPE et les communications officielles ont davantage mis l’accent sur la production d’énergie que sur la réduction de la consommation .
Le débat public semble s’enliser entre :
- soutien aux énergies renouvelables,
- soutien au nucléaire.
Mais une variable reste trop souvent en arrière-plan : la baisse de nos consommations.
Or, en stratégie énergétique, la première énergie est celle que l’on ne consomme pas. C’est moins spectaculaire qu’une centrale flambant neuve, mais souvent plus efficace et plus rapide à déployer.
Comme le souligne la présidente du GPCEE, la PPE donne parfois l’impression d’une « Programmation de la Production de l’Énergie », alors que la production devrait s’adapter à notre trajectoire de consommation.
C’est un point fondamental : dimensionner l’offre sans piloter la demande revient à remplir une baignoire sans vérifier si le bouchon est en place.
Les angles morts à clarifier
Si la pérennisation des CEE est une avancée, plusieurs zones d’ombre subsistent :
- Quels futurs gisements prioritaires ?
- Quelle place pour la rénovation globale du tertiaire ?
- Quelle stratégie de décarbonation massive des transports ?
- Comment clarifier la gestion de l’obligation « précarité » ?
- Quelle articulation entre MaPrimeRénov’ et CEE ?
Pour les acteurs de terrain, ces questions ne sont pas théoriques. Elles conditionnent :
- la structuration des offres,
- la formation des équipes,
- la sécurisation financière des projets,
- et la confiance des bénéficiaires.
L’efficacité énergétique nécessite de la stabilité réglementaire. Sans visibilité, l’investissement ralentit.
Pourquoi la maîtrise de la demande doit redevenir centrale
Réduire la consommation d’énergie, ce n’est pas « se priver ». C’est :
- améliorer la compétitivité des entreprises,
- réduire la dépendance énergétique,
- protéger les ménages contre la volatilité des prix,
- accélérer la décarbonation.
Les CEE ont démontré leur capacité à mobiliser le marché : artisans, industriels, agriculteurs, gestionnaires de bâtiments tertiaires. Le dispositif agit comme un catalyseur d’investissement.
Mais pour maximiser son impact, il doit s’inscrire dans une vision claire :
- priorisation des rénovations globales plutôt que des gestes isolés,
- massification des opérations à fort impact carbone,
- ciblage des secteurs les plus énergivores,
- simplification des parcours pour les porteurs de projet.
Le rôle des acteurs comme Objectif 54
Dans ce contexte, notre responsabilité est double :
1. Sécuriser techniquement les projets
Montage des dossiers, conformité réglementaire, traçabilité, valorisation optimale des CEE : la rigueur est indispensable.
2. Donner du sens économique
Un projet d’efficacité énergétique ne se résume pas à une prime. Il s’inscrit dans une stratégie :
- baisse des charges,
- amélioration du confort,
- anticipation réglementaire,
- valorisation patrimoniale.
La PPE confirme que les CEE resteront un pilier du dispositif national. C’est un signal positif pour tous ceux qui investissent dans la transition.
Mais la transition ne se gagnera pas uniquement en produisant plus d’énergie bas carbone. Elle se gagnera en consommant mieux et moins.
En conclusion
La PPE 2026 envoie un message clair : les CEE sont pérennisés et reconnus comme un levier stratégique .
C’est une base solide.
Reste désormais à replacer la maîtrise de la demande énergétique au cœur des politiques publiques. Car dans un pays qui importe encore massivement des énergies fossiles, chaque kWh économisé est un kWh stratégique.
Et dans la hiérarchie des solutions, l’efficacité énergétique n’est pas un complément. C’est un fondement.
Chez Objectif 54, nous continuerons à défendre cette conviction : la transition énergétique ne se décrète pas uniquement par la production, elle se construit par l’optimisation.