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Data centers, bâtiments, usages : ce que l’ADEME met en lumière… et que le terrain confirme déjà

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Data centers × Décret tertiaire : ce qu’il faut savoir Assujettissement (≥ 1 000 m²), déclaration OPERAT, objectifs 2030/2040/2050… et leviers concrets pour réduire l’empreinte énergétique. On résume tout dans un article + une infographie

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Un mail envoyé, une vidéo lancée, une requête IA tapée en quelques secondes. Derrière ces gestes devenus banals, des bâtiments très concrets fonctionnent 24h/24 : les data centers.

Longtemps perçus comme un sujet purement technique ou numérique, ils s’imposent aujourd’hui comme un enjeu énergétique majeur. Et les derniers travaux de l’ADEME viennent confirmer une réalité que beaucoup d’acteurs du terrain connaissent déjà.

Ce que dit l’ADEME

Dans son analyse prospective, l’ADEME explore 5 scénarios d’évolution de la consommation électrique des data centers en France, à l’horizon 2035 puis 2060. Le message est clair : il ne s’agit pas de prédictions, mais de trajectoires possibles, très contrastées selon les choix collectifs.

Sobriété des usages, organisation territoriale, efficacité des équipements, ou à l’inverse poursuite d’une trajectoire tendancielle :

selon le scénario retenu, les écarts sont considérables, tant en consommation d’énergie qu’en émissions de CO₂.

Dans le scénario le plus défavorable, la consommation induite par les usages numériques français pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035.

Des infrastructures numériques… mais surtout des bâtiments

Ce point est central : un data center reste avant tout un bâtiment tertiaire très énergivore. Refroidissement, alimentation électrique, continuité de service, résilience climatique : les problématiques sont bien celles du bâtiment, avec un niveau d’exigence élevé.

À ce titre, ces infrastructures sont directement concernées par le décret tertiaire, dès lors qu’elles dépassent 1 000 m², avec des objectifs clairs :

  • –40 % en 2030
  • –50 % en 2040
  • –60 % en 2050

La question n’est donc plus “faut-il agir ?” mais “comment tenir la trajectoire dans la durée ?”

Œil d’expert : ce que ces travaux confirment sur le terrain

Le croisement avec le baromètre BâtiZoom de l’ADEME apporte un éclairage précieux : malgré la progression des rénovations énergétiques, la consommation d’énergie des bâtiments repart à la hausse.

Pourquoi ? Parce que la performance technique seule ne garantit pas la performance réelle.

Sur le terrain, le constat est récurrent :

  • des bâtiments rénovés, mais mal réglés,
  • des équipements performants, mais mal exploités,
  • des usages qui évoluent… sans pilotage adapté.

C’est le fameux effet rebond : sans suivi, sans régulation, sans stratégie d’exploitation, les gains s’érodent.

Ce que cela change pour les acteurs du tertiaire

Les travaux de l’ADEME mettent en lumière une évolution profonde des pratiques efficaces : il ne s’agit plus de faire des actions “one-shot”, mais de combiner :

  • rénovation,
  • pilotage des consommations (comptage, GTB, régulation),
  • optimisation de l’exploitation,
  • et, lorsque c’est pertinent, mobilisation des CEE pour financer ces leviers.

Le numérique, loin d’être un sujet à part, devient un nouveau front de la transition énergétique du bâtiment.

La conviction d’Objectif 54

Chez Objectif 54, nous accompagnons cette transition au quotidien : comprendre les obligations réglementaires, activer les bons leviers techniques, et sécuriser les résultats dans le temps.

Les scénarios de l’ADEME ne font que confirmer une chose : la transition énergétique se joue désormais dans la durée, dans les usages et dans le pilotage, autant que dans les travaux.

Et si la vraie innovation, demain, n’était pas seulement numérique… mais énergétiquement maîtrisée ?


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